dimanche 4 février 2018

Les Angoissés


Les angoissés



Est-ce la peur de vivre et de mourir qui pousse certains hommes à cheminer vers la Philosophie et les grands espaces spirituels où l'on peut chevaucher le Mystère à souhait sans craindre rien ni personne d'autre que soi-même ?

       Est-ce l'angoisse existentielle ? Qui aiguise mon âme comme la meule moule la lame mais qui seule me meut ?

      Que serais-je sans toi, angoisse existentielle qui vint à ma rencontre, que serais-je sans toi qu'un imbécile heureux ?

       Heureusement, tu es là, pour faire de moi un esprit chagriné. Qui ne croit plus en rien (poil au rein ?). Ne s'attachant à aucune valeur, comme un pauvre diable qui croyait croire à toutes ces choses, et qui s'aperçoit, sauvé par le gong de la lucidité, qu'il n'y croit pas réellement. Ces choses, voiture-téléphone-portable-lave-vaisselle-lave-linge-barbecue-canapé-en-cuir-cuisine-amovible-portail-automatique-de-caractère-chose-pliante-store-enrouleur… sont en réalité des leurres, au même titre que la morale, la religion ou la politique.

       Ou plutôt non, ce ne sont pas des leurres, toutes ces choses sont véritablement adorables. Le leurre, c'est la publicité beurrée tout autour, qui donne la nausée à celui ne pouvant pas la regarder parce qu'il est empêtré dans son angoisse existentielle, parfois jusqu'au coup de garce, sans pouvoir s'en sortir, se posant contre son gré des tas de questions sur le sens de la vie et l'utilité réelle de toutes ces choses sans doute finalement inutiles qu'il voit à la télévision, entre deux coupures, et qu'il adorerait en fin de compte posséder, mais ne le peut pas, car il est tout simplement improductif, obsolète, ou qui plus est, chômeur. 

Ne pouvant plus agir efficacement sur les choses et les êtres qui l'entourent afin de satisfaire les lois de la nature qui le pousse implacablement au maintien de son homéostasie naturelle, il n'a que cette angoisse existentielle pour le rattacher à la vie, lui donner une identité parmi les hommes.

Le malheureux a trop de cartes dans son je, trop de sens, de facettes. Il est trop humain, trop peut-être-il-faut-voir-je-pense-que-je-vais-y-réfléchir-si-vous-m'en-donnez-le-temps.

Pas assez oui-tout-de-suite. Trop étranger déjà à l'Homo-Automaticus, annonçant depuis quelques décennies avec une arrogance toute technocratique l'avènement hypothétique d'un Age Numérique composé exclusivement de 0 sans visage et de 1 sans profil, qui espérons-le, sera étouffé dans le neuf avant l'an d'Emile XXIII…




LES SENS DE LA VIE


LeS sens de la vie

    

Le sens a-t-il une vie ?

Il s’est trompé, vous dites-vous, c’est dans l’autre sens qu’il faut poser la question : la vie a-t-elle un sens ? C’est ce que l’on se demande fréquemment.

La vie a-t-elle un sens ? Qu’est-ce que j’en sais ? Qui croyez-vous que je sois pour répondre à une question pareille ? Un vendeur représentant placier de Dieu ? Je n’en sais rien si la vie à un sens. D’ailleurs, quel intérêt cela a-t-il de se poser ce genre de question, puisque de toute manière, mis à part quelques illuminés, Abraham, Jésus, Mohamed, Bouddha  (j’ai la liste), personne n’en a jamais rien su, et personne n’en saura jamais rien.

Mettez donc la question dans l’autre sens, comme ça, pour voir. Allez ! Essayez ! Pour me faire plaisir ! Un peu de courage ! Pourquoi n’osez-vous pas ? Personne vous regarde, allez-y, là, maintenant ! Pourquoi non ? Bon, alors je vais le faire pour vous : le sens a-t-il une vie ? Là.   

Vous voyez, ce n’était pas compliqué. Je n’en suis pas mort.

Cela ne veut rien dire, certes, mais c’est plus joli non ?   

Vous ne trouvez pas. Vous estimez que c’est plus absurde dans ce sens que dans l’autre. C’est que vous n’avez aucune imagination. Un lecteur qui me suit dans mon entreprise de déréglementation du sens, pense que ma question est intéressante, qu’il ne l’avait jamais vue sous cet angle, que j’ai bien du courage et du mérite à la poser en ces termes, et que, à bien l’observer, elle a un petit culot, à l’arrière, qui s’adapte parfaitement bien à sa manière d’éclaircir les zones d’ombres.

Le Sens a-t-il une vie donc ? Avec un S majuscule comme Sophie M. 
  
La signification réelle ou supposée des choses et des phénomènes aurait-elle une existence propre, réelle, autonome, un début et une fin dans le temps et dans l’espace, ou bien encore, ne serait-elle que le fruit illusoire de notre imagination ?
  
   - Incroyable cette question ! Tellement énervante dans l’autre sens, mais nue sous cette angle, avec ce nouvel éclairage révolutionnaire, quelle beauté, quelle ouverture, quelle délivrance !

   - Mets ta physique, on part vers l’au-delà, les étoiles, le Big-Bang !

   - Prend tout de même des mathématiques, on ne sait jamais, il risque de faire vrai !

   - D’accord, je les prend toutes, comme ça, on sera bien ouvert ! 

Mais laissons pour le moment cet os à ronger à ces métaphysiciens de l’Absurde, et profitons de cette éclaircie passagère pour nous reposer quelques instants sur le sens de la vie. Il n’y a pas trop de monde par les temps qui courent, on pourra se garer sans problème.


La vie a-t-elle un sens ?   

Ou encore : quel sens aurait la vie si elle en avait un ?   

Ou mieux : quel sens aurait-elle la vie si elle n’en avait qu’un ?   

Ou mieux encore : quel sens aurait-elle la vie si elle n’en avait qu’un et seulement qu’un ?


Le sens de la vie ne serait-il pas d’en avoir plusieurs ?

Chacun d’entre nous n’a-t-il pas son propre sens de la vie ?

Est-il plus sensé qu’un autre ?

S’il l’est moins, faut-il le censurer ? 

S’il l’est plus, est-il forcément nécessaire de l’encenser aux autres ?

N’est-ce pas suffisant ?

 
Mais d’abord, à quoi sert le sens de la vie ?

En plus de nos sens de tous les jours, le toucher, l’ouïe, l’odorat, la vue et le goût, nous serions également affublé du fameux sixième sens de la vie. Un sens tournant dans le sens des aiguilles d’une montre. Tantôt il est midi, il fait beau, la vie est faite pour être heureux sans se poser de questions. Le sens de la vie est au repos. Tantôt il est minuit, il fait noir, la vie est faite pour se poser des questions et avoir un sens que l’on cherche désespérément jusqu’au lendemain matin. Le sens de la vie est en marche.

On se réveille avec une crise de foi et un rhume de cerveau parce que l’on n’a pas fermé l’œil de l’ennui à cause d’une panne des sens.
  
Un seul sens fonctionnait : le sens de la vie. Il a passé toute la nuit à se chercher. Les autres sens étaient tous interdits, et pas contents du tout, car ils n’avaient alors plus aucun sens. Ce qui donnait d’autant plus de sens au sens de la vie, qui continuait à chercher et à chercher en tournant en rond comme un chien court après sa queue pour la tordre. Car le chien possède lui aussi ce sixième sens, ce que beaucoup de gens ignorent. D’ailleurs, le sens de la vie a une vie de chien (ce qui, entre parenthèses, répond en partie à la question posée au début de cette dissertation (qui, entre parenthèses, n’est pas une dissertation, (entre parenthèses, on se demande ce que c’est))).   

Pour conclure, résumons-nous. Pour que le sens de la vie ait un sens et tourne correctement, il faut impérativement comme condition préalable, nécessaire et suffisante, que le toucher touche, que l’ouïe oie, que l’odorat adorât, que le goût goûte, et que la vue voie. Alors la vie vit, et le sens de la vie peut chercher à savoir pourquoi, mais pourquoi donc ? S’il a cinq minutes, il pourrait peut-être aussi m’aider à terminer ma dissertation (qui, entre parenthèses, n’est pas une dissertation, (entre parenthèses, on se demande ce que c’est))). Enfin, je ne voudrais pas non plus qu’il se sente obligé. Je vais essayer de le joindre sur mon portable. Allô ma vie ?! Oui, c’est moi, ça va ? ça va, enfin on fait aller quoi...oui...oui...hum...oui...hum...non ??! Pourquoi ?!! NOOOOOOON ???!!!... Ah, d’accord ! Dis voir, tu peux me passer le sens de ma vie, s’il te plaît merci ? (Silence) Hum ! Ah, d’accord, OK ! Allez, à la prochaine ! Hein ?! Oui,  oui, on se rappelle ! 

Alors voilà, elle me dit que ça sonne occupé.




mardi 27 décembre 2016



DES MILLIERS D'HEURES PERDUES

 (MODIFIEE)



Des milliers d’heures perdues à espérer la chance
Et tant d’instants déçus pleuvant sur ton absence
Des milliers d’heures perdues à déserter la vie
Et tant d’instants vaincus par sa mélancolie

Rien qu’une heure, quelques temps, à quérir
Rien qu’une peur, un tourment, à guérir
Rien qu’une heure, cinq sens, à servir
Rien qu’une peur, un effroi, à sertir

Rien qu’une peur, un effroi, à sertir

Des milliers d’heures perdues à vivre dans l’errance
Et tant d'instants tenus par la désespérance
Des milliers d’heures perdues à essayer d’aimer
Et tant d’instants déchus par la peur d’échouer
 

Un instant, en janvier, j’avais pour toi brillé
Ce moment, ce temps t, s’était tant fait prier
Notre joie exaucée sept belles années
Puis la pluie étendit son ombre sur nos plaies

Puis la pluie étendit son ombre sur nos plaies

Des milliers d’heures perdues sans pouvoir se parler
Et tant d’instants foutus par ce Monde insensé
Des milliers d’heures perdues à se désenchanter
Et tant d’instants battus par des cœurs refermés

Rien qu’un leurre, que deux temps, à tuer 
Rien qu’une heure, quelques gens, à louer
Notre Amour incendié, notre Terre, désolée
Mon cœur livré aux feux, des forets

Mon cœur livré aux feux, des forets

Des milliers d’heures perdues pendus aux dépendances
Et tant d’instants fendus par les indifférences
Des milliers d’heures perdues à envier ta chance
Et tant d’instants muets, émus sous les silences

Au bal des aspirants, on se réinviterait
A faire valser les temps du verbe se raimer
En pompiers pyromanes, on se réchaufferait
Aux yeux des vieux servants des Amours amusés

Au feu des pieux serments des amours abusés
Au feu des pieux serments des amours abusés







ON DEVRAIT
 
POUVOIR "DIRE POUCE"


PLUS SOUVENT


DANS LA VIE



lundi 26 décembre 2016

ET POUR TOUT DIRE (OU PRESQUE), AU JOUR LE JOUR



ET POUR TOUT DIRE

(OU   PRESQUE),
AU JOUR LE JOUR


Si nous parlions tous

Comme des poètes, le

Monde serait peut-être

Plus poétique                                    

(Une idée comme ça)



Il n’y a pas de

Hasard ni de Destinée, seulement

des lignes de vie qui se froissent,

aux carrefours des gens.






Celui-là, il nous en aura

Fait boire de toutes

Les couleuvres.            


À

cet

instant

précis,

j’eus

l’incroyable

pressentiment

que

ma trop calme

et paisible

existence

allait

basculer

dans

rien de

particulier.








Il ne faut pas exister pour comprendre

Il ne faut pas exister pour aimer

Il ne faut pas exister pour jouir

Il faut comprendre, aimer, et jouir

pour exister !






Qui cherche à

atteindre

le but de sa vie…

n’est pas loin

d’être mort.






Naître ou ne pas naître ?

Telle n’est pas

la question.






S’il n’y avait

rien, ce serait

quelque chose !








Ne cherchez pas à me

Comprendre, moi-même,

Je ne me suis pas bien compris

Une seule fois de ma vie…



Toujours y réfléchir

A deux fois avant

De se mettre

à penser.                                            



Penser

Moins,

Panser

Mieux.





Exister, c’est Vivre

beaucoup

tout en Mourant pas mal.








Peu importe,

dans le fond,

tant qu’on a la forme.






Le problème, lorsque

L’on est malheureux,

C’est que, justement,

On ne sait pas

Où est le problème.               

                             

La réussite sociale est la

Grande illusion : au final,

A tous les coups on ferre.



Une souffrance mentale

Est une douleur physique qui

N’a pas de siège où s’assoir.                                            



Peu importe la forme,

tant qu’on en a,

dans le fond.








Posons en préambule

comme Axiome de départ

Absolu et Invérifiable

qu’il y a toujours eu,

qu’il y a,

et qu’il y aura

toujours quelque chose

plutôt que rien,

et que ce quelque chose

est tout aussi sensé qu’absurde.

Ce quelque chose, nous le nommerons

abcdefghijklmnopqrstuvwxyz0123456789,

par souci de clarté, et en mémoire

de nos soyeuses

petites classes

d’école

primaire.










Plus

on cherche

à se représenter

les feuilles,

les feuillages,

ou les branchages

d’un

arbre,

moins

l’on se

souvient

de son

gros

tronc

centenaire.








Angoisser,

c’est se retrouver

planté, paralysé et nu,

sur la farce la plus absurde

de l’Existence, juste au bord du vide.










Si

tout fut

touffu tout au

début, comment

tout sera-t-il

foutu tout

à la fin ?





La Liberté est un exercice périlleux de

Sage sauvage, singeant les hommes

Civilisés, qui saute de Lois en Lois,

Vers sa fabuleuse Canopée !





L’être limite est infirme

Au même titre que

L’être infirme est limité.





Il y a une multitude de gens

Dont on dit… qu’ils posent problème,

Alors qu’ils ne font que s’agiter dans leur local, en s’évertuant à se

Résoudre à une équation dont ils ne sont bien souvent que

Les infortunés et malheureux inconnus…





Les trois grandes trouvailles de

L’homme se nomment Conscience,

Connaissance, Amour.

Mais, Oh dieu… qu’elles sont

Rudes à semer !

 

Pouvoir être cigale…

Quand ça nous chante.

Fourmi…

Quand ça nous hante.




Souvent, lorsque l’on

Veut quelque chose à

Tout prix,

On ne l’obtient pas.


Parfois, lorsque l’on

Veut quelque chose à

Aucun prix,

On l’obtient.


C’est compliqué. C’est peut-être pourquoi les prix existent,

Mais que ces prix… se voulant tous, ne valent rien !




Aurions-nous oublié

l’extraordinaire

lenteur de l’évolution,

des premières bactéries,

à l’homme des casernes.



Prendre la pilule,

c’est biaiser un peu

la Nature (non ?)




Il y aurait principalement trois

grands Mystères, desquels

découleraient tous les autres :

la Vie,

qui serait le fruit de l’union

des eaux veules de la Terre

avec des poussières mates

à zooïdes tout droit tombées

des Étoiles ;

la Conscience,

que nous auraient sexuellement transmise

de Grands Singes heureux

amoureux fous lubriques ;

et la Poésie,

qui aurait muri dans le Coeur beau des hommes,

pénétrés des couleurs et des humeurs

du Ciel,

parfait miroir des âmes.



J’aime me promener


dans les grands matins blêmes


des petits squares qui chantent.




J’ai toujours

préféré l’orage

(eau des espoirs).






A bas la Société

De consolation !



 



S’il demeurait une dernière chose

A sauver, ce serait bien

Les Apparences : hélas, c’est toujours ça…

Que nous sauvons en premier.







Les gens gentils m’emmerdent…

 La preuve ? Je suis gentil :

Qu’est-ce que je peux

Me faire chier !







Ce

qu’il est

Laid, ce mot,

Social, lorsqu’il se trame

avec les toiles de

l’Araignée

Mora-

-le.





Je bouc-émissaire,

Tu bouc-émissaire

Il bouc-émissaire 

Nous bouc-amis serons

Vous bouc-ennemis serez

Ils bouillent, Commissaire !


Quand la vie peut,
elle en veut.



Quand la vie en veut,
elle en veut toujours plus


Quand la vie en veut toujours plus,
très vite, elle n’en peut plus !


Je n’aime pas la vie :
elle me rend malade
en voiture !


La vie ne m’aime guère :

je lui donne envie

de s’y rendre

en voiture !



Vivre c’est oublier…

un peu, beaucoup, passionnément,

à la folie, pas du tout…

que l’on va mourir.

Quand on se ronge

la vie jusqu’au Sens,

c’est que l’on manque

de conscience en Foi.



La vie est

très certainement

l’instrument le plus

dur à jouer

(si tant est que la vie soit

un instrument dur à jouer).



Conseil au passant :

quand on est complètement perdu,

juste suivre ses pieds,

ou ses mains, qui sont

des pieds comme les autres…


La vie n’est pas simple.

Pas compliquée non plus.

Simplement complexe.



La vie ne sera jamais

véritablement connue,

puisque nous poursuivons

secrètement son Œuvre au fur

et à mesure que nous la secrétons…




Certaines idées sont dangereuses

Quand elles confondent

le but et le bout de la vie.

Le but, nul ne le connaît.

Le bout, c’est la mort.

Entre le but et le bout,

il y a un O,

Comme Oxygène,

Comme Odyssée,

Comme Oraison funèbre.



Je serai

peut-être réconcilié

avec ma vie

lorsque j’aurai enfin admis

que c’est elle et elle seule

qui décide de ce qu’elle peut

bien faire de moi.

Là : je serai nouveau-né.



La vie

ne tient parfois

qu’à un(e), deux ou trois fil(le)s.

Et c’est à ces fil(le)s

que nous

tenons.





La vie est

une perpétuelle

remise à nouveau.



Lorsque l’on ne peut pas

faire de son Art une vie,

on peut encore faire

de sa Vie un art.



Dans le rêve,

on joue avec la forme ;

dans le réel, on touche le fond ;

dans la vraie vie, la forme épouse

tant bien que mal le fond.

Mais qu’est-ce que la forme,

dans le fond ?

Et à quoi bon le fond,

sans la forme ?



Mes années fastes

m’ont offert de si

précieux instants

que j’en oublierais presque…

ces années vérolées

par mes funestes…

changements

de direction.


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